Le Bulletin confédéral de janvier 2018

Un extrait du bulletin confédéral sur les enjeux de la transformation numérique à l’échelle mondiale

Dans le cadre des travaux de l’OCDE sur la transition numérique de l’économie, la CFE-CGC, membre du Comité Consultatif, rappelle les vertus du dialogue social et milite en faveur d’un marché du travail plus équilibré.

Comme chaque année, la Commission européenne prépare un rapport dans le cadre du semestre européen, un cycle de coordination des politiques économiques et budgétaires au sein de l’Union européenne.
Concernant la France, le rapport établissant un diagnostic de la situation économique et sociale est attendu le 28 février prochain. Afin de préparer aux mieux ces deux rapports, la CFE-CGC a été auditionnée par la Commission européenne sur les réformes déjà
adoptées ou envisagées par la France en réponse aux déséquilibres macroéconomiques. À cette occasion, le CFE-CGC a fait part de son avis et formulé son propre diagnostic concernant l’état de l’économie française.

Un meilleur équilibre entre flexibilité, stabilité et sécurité

La stratégie de l’emploi de l’OCDE est fondamentale pour garantir une protection minimum des salariés.
Dix ans après la crise financière de 2008, il s’avère que certaines réformes entreprises
pour sortir de cette crise ont détérioré la qualité du marché du travail. La stratégie de flexibilisation accrue s’est réalisée au détriment des travailleurs, entraînant une forte précarité des salariés, une dégradation des conditions de travail et une hausse de l’insécurité de l’emploi. En Espagne, un des pays où la part des travailleurs
précaires est la plus élevée, l’abus des contrats flexibles a clairement engendré de l’insécurité et de l’instabilité.
Pour la CFE-CGC, la flexibilité accrue du travail n’est pas une réponse viable à un pseudo-besoin de réactivité croissante. La réactivité est une force quand elle sert à faire face à des imprévus ; c’est une faiblesse quand elle ne vise qu’à compenser un manque d’organisation.
Pour le TUAC, la stratégie de l’OCDE doit permettre de protéger les salariés de la précarité. Cette année, l’OCDE entend réviser sa Stratégie pour l’emploi. Il est primordial que cette révision se traduise par un meilleur équilibre entre flexibilité, stabilité et sécurité. Il faut rétablir des droits et de la protection pour les travailleurs. Ce réexamen est donc une occasion décisive de faire reconnaître que la flexibilité dumarché du travail est allée trop loin, et d’appeler les politiques à
corriger le tir en fixant des limites claires à la flexibilité.

Numérisation de l’économie : le rôle fondamental de la négociation
collective

La numérisation de l’économie et l’automatisation entrainent à court/moyen terme la suppression d’emplois et génèrent des transformations profondes du travail. Les nouvelles innovations technologiques changent la nature des emplois et des
entreprises. De plus, elles modifient la nature de la relation entre employeurs et employés.
Pour faire face à ces changements, il est nécessaire de disposer de partenaires sociaux
actifs. Pour preuve, en Autriche, la négociation est très efficace et joue un rôle important dans la stratégie de l’emploi. Il est avéré que les pays où s’opère une forte négociation collective réagissent mieux aux chocs. La négociation collective est à la fois une source de cohérence, de solidarité et de productivité accrue.
Néanmoins, les transformations du marché du travail nécessitent une adaptation des politiques sociales, particulièrement concernant les plateformes intermédiaires pour lesquelles le dialogue social n’existe pas. Pour le TUAC, il faut lutter contre l’ubérisation mondialisée. La transition numérique doit être juste afin que les salariés n’en paient pas le prix. La CFE-CGC milite ainsi pour que la mise en oeuvre du
numérique soit anticipée dans le cadre du dialogue social avec les partenaires sociaux, et qu’elle soit accompagnée par des formations adaptées.

Avenir de l’entreprise : vers des modèles économiques responsables et
de long terme

Les frontières de l’entreprise sont remises en question dans le contexte de l’économie numérique. L’entreprise doit être tenue responsable de son incidence sur la prospérité économique. La technologie n’est pas une menace aux travailleurs. Afin d’avoir des
emplois de qualité, il faut des entreprises de qualité.
Il est aujourd’hui indispensable de garder comme objectif la productivité tout en garantissant le droit à la négociation afin de protéger au mieux les salariés. Ce droit à la négociation est un instrument de productivité à long terme. L’évolution technologique n’est pas néfaste mais il est nécessaire de s’y préparer pour que la
transition vers une économie numérique se passe dans les meilleures conditions. Il s’agit en particulier d’améliorer la formation pour faciliter les reconversions, et d’encourager des politiques publiques favorisant la protection et la sécurité des travailleurs via l’élaboration de normes sur le devoir de vigilance des entreprises.
Il convient donc de faire du dialogue social un instrument de la transition numérique de l’économie pour garantir les droits fondamentaux des salariés (protection sociale, salaire minimum), introduire une garantie de formation permanente et promouvoir un
apprentissage de qualité.

* QU’EST-CE QUE LA COMMISSION DE LIAISON ?

Le TUAC (Trade Union Advisory Comittee - Comité Consultatif Syndical)
contribue aux travaux de l’OCDE dans tous les domaines : développement durable, biotechnologie, fiscalité, gouvernance d’entreprise, emploi ou coopération pour le
développement. Des consultations annuelles ont lieu avec le TUAC dans le cadre de la Commission de liaison du Conseil de l’OCDE, laquelle est présidée par son secrétaire général et ouverte à tous les pays membres.

** QU’EST-CE QUE L’OCDE ET LE TUAC ?

L’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économique) a été créée en 1961 pour promouvoir l’amélioration des politiques économiques et sociales. L’OCDE
est née lorsque 18 pays européens, les États-Unis et le Canada ont uni leurs forces pour fonder une organisation vouée au développement économique. Aujourd’hui, l’OCDE compte
35 membres (dont la France) à travers le monde. Ces pays travaillent en commun sur le terrain économique, social et environnemental. Le TUAC a initialement été créé en 1948 avec l’institution d’un comité syndical consultatif dans le cadre du plan Marshall.
Lors de la création de l’OCDE, le TUAC a poursuivi ses activités en étant rattaché à cette nouvelle organisation. Le TUAC coordonne et représente les mouvements syndicaux de tous les pays membres de l’OCDE. Il regroupe 58 centrales syndicales dont la CFE-CGC. Ensemble, ces instances représentent environ 66 millions de travailleurs. L’institution permet à la CFE-CGC de participer au G20 à la fois au titre du TUAC et de la CIC (Confédération Internationale des Cadres).

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